Les déchets plastiques : véritable fléau pour notre alimentation

Étudiants en BTS STA 1, nous sommes amenés à travailler sur un projet de groupe, dans le cadre du MIL. Ce projet participe au concours du Festival Alimenterre. Nous avons choisi le sujet « Littoral Solidaire » afin de dénoncer la pollution des océans par les déchets plastiques, ceux-ci pouvant avoir de graves conséquences sur notre alimentation, notre santé ainsi que sur l’écosystème.

Utile mais polluant

Le plastique est un polymère de combustibles fossiles (pétrole, charbon) additifs et substances toxiques incorporés. C’est un matériau organique essentiel servant dans tout type de construction, fabrication, conservation, et ce, dans tous les secteurs (alimentaire, agriculture, automobile, etc.)

Le plastique est également très sensible aux rayons ultraviolets (UV) et se dégrade facilement en contact avec ceux-ci.

On compte deux types de plastiques :

-Les macroplastiques : ce sont des plastiques visibles à l’œil nu.

-Les microplastiques : ce sont des particules de matière de plastique. Il en existe deux sortes. Les primaires sont volontairement intégrés dans des produits de la consommation courante ou industriels. (ex : fibres de vêtements, microbilles de produits d’hygiène, granulés…). Les secondaires quant à eux sont issus de la dégradation des macroplastiques et résultent de plusieurs facteurs (ex : salinité de l’eau de mer, vent, rayons UV…) chimiques et biochimiques.

Un retour à l’envoyeur ?

Si le plastique est un matériau aux propriétés exceptionnelles et est très utile dans diverses utilisations, il n’en demeure pas moins très invasif et nocif pour l’environnement. En effet, le plastique ne peut pas être supprimé. Même s’il est « détruit » de façon visible, les particules sont toujours là et ne disparaissent jamais, en continuant de se diviser dans le milieu océanique (microparticules, nanoparticules), créant ainsi le phénomène de bioaccumulation*. La chaîne alimentaire contaminée par le plastique affecte donc l’homme, puisqu’il est le dernier maillon de celle-ci. Il accumule alors tout le plastique ingéré par les différentes espèces avant lui.

La bioaccumulation* n’est autre que l’absorption de substances chimiques qui sont présentes dans l’environnement, et de leur concentration dans certains tissus par les organismes. Ainsi, les substances chimiques ingérées par un organisme s’additionnent à celles qu’un organisme prédateur ingère. Il y a alors accumulation de contaminants dans ses tissus. En conséquence, plus la chaîne trophique est longue, plus la concentration en substances chimiques est importante. Ce phénomène peut provoquer l’atteinte de seuils toxiques et engendrer des pathologies, voire la mort.

Il est estimé qu’en moyenne chaque semaine nous mangeons l’équivalent d’une carte de crédit en plastique !

Ce n’est pas tout. Le plastique tue également la faune par strangulation, en la piégeant (l’empêchant de se nourrir) ou en ingérant des macroplastiques qui perforent son système digestif.

Ce matériau est, de plus, connu pour être un perturbateur endocrinien. On observe d’ailleurs, dans les milieux pollués par le plastique, des populations d’oiseaux avec des problèmes de développement (taille, longueurs de bec, tête, envergures…) et de santé (taux de cholestérol élevés), selon National Geographic.

Du côté humain, on note également, depuis 30 ans environ, des malformations du système reproducteur et une forte baisse de fertilité chez l’homme (qualité et quantité de sperme diminuées), ainsi que des pubertés précoces et des troubles de reproduction chez la femme (anomalies ovariennes et/ou d’implantation de l’embryon et de gestation).

Le 7e continent

Le plastique figure parmi les déchets aquatiques les plus connus. On note que 80% des déchets plastiques retrouvés en mer viennent généralement de l’intérieur des terres. Mais de quelle nature sont-ils ?

La majeure partie du plastique retrouvé vient des emballages alimentaires (39,7%). Ensuite, vient la deuxième partie la plus importante, ce que l’on considère comme « autres » (20,8%), puis la partie construction (19,8%). Les autres parties retrouvées en moins grande quantité sont l’automobile (10,1%), l’électronique (6,2%) et l’agriculture (3,4%).

Lors de son arrivée dans l’océan, la majorité du plastique coule et se retrouve dans les fonds marins (70%) et seulement une partie échoue sur les côtes (15%) ou dérive en mer (15%). Mais ce n’est pas tout ! Lorsqu’il est dans l’océan, celui-ci est emporté par les courants marins, le menant ainsi dans des courants appelés « gyres ». Ces gyres tournent dans le sens des aiguilles d’une montre et créent un puissant vortex. Le plastique s’y accumule alors jusqu’à atteindre une très forte concentration, une grande masse flottante. C’est ce que l’on appelle alors le 7e continent. Il fut découvert en 1997 par le capitaine Charles Moore dans l’océan Pacifique, entre les côtes du Japon et l’Amérique du Nord. Le 7e continent est une « soupe de plastique ». Il est composé essentiellement de micro-débris de plastique et n’est pas visible directement. Les déchets ne se trouvent que sous la surface de l’océan et s’étalent sur 30 mètres de profondeur. Il convient d’ajouter que la superficie de ce « continent » est de 3,43 millions de km², et équivaut à 6 fois la France.

Les fausses bonnes idées

Le recyclage du plastique ?

Ceci est une fausse bonne idée. Nous pensons que recycler, c’est la meilleure solution. Or, seulement un tiers du plastique total est recyclé. Ceci est expliqué par une typicité trop importante de plastique, un recyclage qui n’est pas rentable ou encore une trop grosse quantité à recycler.

L’utilisation du bioplastique ?

L’utilisation du bioplastique peut être envisagé pour réduire les déchets plastiques. Seulement, il présente plusieurs inconvénients : il consomme beaucoup d’eau pour être fabriqué et demande l’utilisation de produits chimiques. Il contribue à la déforestation et ne se dégrade pas dans la nature. En effet, les plastiques biosourcés ne sont composés que de 25% environ de matière organique, et plus de 75% de plastique. Il existe des plastiques biodégradables, qui se dégradent en présence de micro-organismes mais dans certaines conditions physico-chimiques.

Alors comment agir ?

La meilleure solution pour le moment est de diminuer la quantité de plastique en repensant sa façon de consommer. On peut également opter pour une alimentation de poissons issus de l’élevage biologique, garantissant une eau d’élevage saine et l’absence de plastique dans leur organisme.

Il existe une la règle des 5 R, permettant d’adopter un comportement plus écoresponsable : Refuser, Réduire, Réutiliser, Réparer et Recycler.

Quelques travaux récents

En 2014 : Une étude a montré que les microplastiques étaient retrouvés dans les déjections des animaux. Quand ceux-ci meurent, ils emportent les micro-débris qu’ils contiennent dans les fonds marins.

En 2011 : Des études ont montré que l’on trouvait des microplastiques dans les estomacs de petits poissons (environ 9 %) dans le gyre du Pacifique nord. On estime également qu’ils ingurgiteraient entre 12 000 et 24 000 tonnes de plastique par an.

En 2015 : Des études ont été réalisées sur différents étals de marchés. À Makassar, en Indonésie, on constate que 28 % des poissons présentent du plastique dans leur organisme, et 55 % des espèces vendues (poissons et coquillages). Dans les marchés en Californie, 25 % des poissons et 33 % des coquillages sont touchés par les débris plastiques.

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